Uccle, le 3 juin 2026.
Chers parents, chères, chers élèves,
Les récents développements du parcours législatif du décret-programme porteur des réformes contestées par le monde enseignant ont inspiré le texte ci-dessous.
Nous partageons les vives inquiétudes de nos collègues et soutenons leur démarche.
Marc Charlier et Nicolas Maron
Directeurs
NOUS, PROFS, CITOYEN.NES, DECROLYEN.NES SOMMES INQUIET.ES
| Ce mardi 2 juin en soirée, la majorité siégeant au parlement de la FWB a convoqué dans l’urgence une séance plénière pour ce jeudi 4 juin afin de passer en force sur le fameux décret programme 2 auquel nous nous opposons depuis de nombreux mois : |
S’il ne fallait rappeler que deux raisons de notre opposition :
1) Il comporte une augmentation du temps de travail des professeur.e.s du secondaire supérieur à salaire inchangé, alourdissant ce faisant leur charge sans considération pour la réalité de terrain et la qualité de l’enseignement prodigué.
2) Il comporte une très nette augmentation du minerval pour les études supérieures, compromettant l’accès à la formation et à un destin choisi et non subi pour jeunes plus défavorisé.es.
| Mais à côté de nos légitimes préoccupations pour l’avenir de l’école, s’ajoute désormais une profonde inquiétude pour notre démocratie fondée sur le respect de la règle et l’état de droit : |
=> Hier soir, en outrepassant les seules règles légitimes établies au cœur du fonctionnement du Parlement, en ne respectant pas le délai légal entre la tenue d’une commission (où les textes de lois sont débattus) et la tenue d’une séance plénière (où les textes de loi sont votés), le président de l’assemblée et la majorité ont franchi une ligne rouge au regard de principes démocratiques élémentaires.
=> Dans un Parlement, dans toute institution qui se veut démocratique, en ce compris l’école, le règlement est la règle commune qui permet à la démocratie de fonctionner. C’est un fondement du respect des un.e.s et des autres, des conditions de travail et de débat, au-delà des aléas de la conjoncture politique.
| EN TANT QU’ENSEIGNANT.E.S, NOUS LE REDISONS, NOUS NE POUVONS SOUSCRIRE A CETTE VISION DE L’ECOLE ET DE NOTRE METIER |
« Deux petites heures de plus ! »
=> Celles-ci abîmeront de facto la qualité de l’enseignement pour vos enfants, parce que les professeur.e.s de l’école Decroly sont dévoué.e.s certes, mais ne sont pas des machines.
=> Ceci aggravera la grave pénurie que traverse notre profession. Qui acceptera demain de travailler plus ou de gagner moins? Est-ce ainsi que le métier sera plus attractif? Qui donnera cours à nos élèves, vos enfants, demain?
| EN TANT QUE CITOYEN.NES ET DECROLYEN.NES NOUS SOMMES EFFARE.E.S ET DENONÇONS CE DENI DE DEMOCRATIE |
=> Ovide Decroly définit clairement la démocratie « comme la forme d’État la plus appropriée pour favoriser l’évolution et l’adaptation au progrès » . Mais c’est un régime qui impose des tâches plus complexes et plus variées, de plus grandes responsabilités aux dirigeants. »
O. Decroly, « Plaies sociales et remèdes », Revue contemporaine, 1904, no 1, p. 2-6.
=> Or, que démontrent nos dirigeant.e.s aujourd’hui ? Que la règle ne s’applique pas à chacun.e ? Que l’on peut partialement se soustraire à son autorité ?
Nous ne pouvons décemment l’accepter.
=> Le projet de l’école indique en page 37 que : « Les enfants sont éduqué.e.s à l’idée que la notion de responsabilité implique avant tout le fait d’avoir à répondre de la manière dont la fonction sociale a été assumée : le pouvoir attaché à cette fonction n’est rien d’autre qu’un moyen pratique permettant de l’assumer. »
C’est ce que nous enseignons à nos élèves. Comment rester cohérent.e.s et fidèles à ces principes tout en acceptant que des élu.e.s, au lieu d’appliquer la règle, l’adaptent à leur gré ? Relativiser la règle au nom de l’urgence, c’est fragiliser l’édifice démocratique tout entier. Car une institution qui tolère le contournement de ses propres procédures envoie un signal dangereux : que les règles ne s’appliqueraient qu’aux perdant.e.s, et que le pouvoir suffit à légitimer ses méthodes.
=> La méthodologie decrolyenne repose sur l’engagement des élèves dans la vie de l’école, et donc les entraîne aux confrontations qu’implique le débat démocratique.
Le débat démocratique, et particulièrement quand il est confrontant, tendu et difficile, doit pouvoir se fonder sur le respect des règles pour pouvoir advenir.
Personne ne peut déroger à ce principe !
| SANS DESORGANISER DAVANTAGE L’ECOLE ET EN MAINTENANT L’ORGANISATION COMMUNIQUEE VENDREDI (tenue des examens) |
=> Il nous tenait très à cœur de partager avec vous notre indignation.
=> L’école restera donc ouverte demain, bien que certain.es professeur.e.s aient exprimé le souhait de manifester devant le Parlement dès 10h.
=> Nous vous invitons également à rejoindre la chaîne humaine de solidarité qui prendra forme dès demain
8h avenue Montana (grille verte).
=> Nous vous remercions pour votre soutien et pour votre présence à nos côtés.
Les parents qui souhaitent s’inscrire aux alertes SMS, permettant de recevoir les mises à jour des avis de l’école, doivent impérativement compléter le formulaire que vous trouverez sous le lien ci-dessous.
-Les parents qui sont déjà inscrits et qui veulent changer de niveau (alerte fondamental > alerte secondaire) doivent compléter une nouvelle fois le formulaire. Seule la dernière version sera automatiquement prise en compte.
-Les parents qui veulent se désinscrire doivent répondre STOP ou envoyer un mail à g.limbosch@ecoledecroly.be.

